Worldbuilding

Tout savoir sur le worldbuilding

Crédits de la bannière : Airi Pan

Avec l’avènement des animes mainstream, les débats sont légion sur les réseaux sociaux. Il n’est donc pas rare de voir apparaître des termes tels que plot twist, deutéragoniste ou encore CGI qui sont parfois utilisés à tort et à travers.

Cet article aborde un de ces termes : le worldbuilding. 

Installez-vous confortablement, c’est parti !


Reina de Hibike! Euphonium, un anime ayant un excellent worldbuilding. Fanart de Yuka Soemy.

Définition du concept

Le worldbuilding est le processus de construction d’un univers fictif. Il englobe tous les éléments possibles et imaginables permettant ladite construction tels que la narration directe, celle indirecte, l’ambiance sonore, la colorimétrie, les décors, etc.

La première erreur commise par les gens est de le confondre avec le lore (qui, lui, est l’univers de l’œuvre pris sans considérer l’histoire) alors qu’il est beaucoup plus subtil. 

Là où le lore est la fin, le worldbuilding est le moyen. Là où le lore est le fond, le worldbuilding est la forme. Là où le lore est dans l’ostentatoire, le worldbuilding est dans le suggestif, la discrétion.

Une œuvre peut avoir un lore impressionnant, mais un worldbuilding très mid, car la construction a été bâclée ou peu maîtrisée.


Si Lord of the Mysteries a été autant critiqué récemment, c'est parce que le worldbuilding est bancal. Fanart de Tracy Y.

La seconde erreur est de penser que le concept est réservé aux univers de fantasy. Il est vrai que cette catégorie offre plus de possibilités et que sa construction d’univers est plus amusante.

Cependant,  tout univers fictif sans exception étant par définition non réel, il possède son propre worldbuilding. 

Peu importe qu’il s’agisse d’une pièce de théâtre, d’un roman ou d’un film. Le genre compte peu également, même la plus banale des romances a un worldbuilding.

Tout ceci est bien beau, mais concrètement, qu’est-ce qui rend bon un worldbuilding ?

Les caractéristiques d’un bon worldbuilding

Lorsque le worldbuilding est réussi, l’œuvre semble exister au-delà de son histoire et de ses personnages : elle est plausible. 

Le consommateur s’immerge complètement dans l’histoire et vit littéralement un voyage.

De plus, il a l'imprssion que l'histoire continue même quand les "caméras" sont éteintes.

Sousou no Frieren touche autant de gens en partie parce qu’elle les fait rêver et partir en destination d’Aureole. 

Un worldbuilding abouti motive à revivre l’histoire, car l’univers est alors attrayant.

Il exploite intelligemment les armes du format de son œuvre, rend le lore plausible et est cohérent avec ce dernier. De simples détails peuvent faire toute la différence.

Tout ceci est un peu flou donc je vais vous donner des exemples concrets.


Je vous remets une image de Frieren car je sais que vous aimez ça. Fanart de Kiko.L (Jason Liang).

Quelques cas concrets de démonstration d’un bon worldbuilding

Cette partie sera concentrée sur les animes, mais retenez que chaque format offre différentes possibilités de faire un worldbuilding subtil.

J’aborderai en premier la narration indirecte. Dans les animes, elle passe par les images et le son. Ainsi, au début de l’épisode 1 de Gurrenn Lagann, la lumière bleue rend réaliste l’environnement dans lequel se trouve Simon. Le spectateur comprend aisément qu’il est sous terre.

Zom 100 se sert aussi de cette arme, notamment dans son premier épisode. Les bandes noires très cinématographiques de part et d’autre de l’écran ainsi que les transitions servent à illustrer le cadre oppressant du héros. Les couleurs viennent montrer sa vision du monde qui est opposée à la réalité.

L’atout est également utilisé par de nombreux slice of life. Représenter de la buée sortant de la bouche d’un personnage est un moyen plus efficace d’annoncer la nouvelle année que de dire « L’hiver arrive ». 

De même, le changement d’uniforme est synonyme du retour de l’été.


Une image de l'épisode 1 de Gurrenn Lagann. ©Crunchyroll.

La narration directe est relative aux dires des personnages ou du narrateur. Par exemple, le récit ou la simple mention d’une bataille. 

Ou encore ce personnage qui raconte l’histoire d’un bâtiment, d’une région ou carrément du monde. Je pense également aux discussions autour d’un rafraîchissement. 

Pour citer un exemple récent, Enjin et Rudo dans le Bas-Monde. 

L’ambiance sonore est aussi très importante. Si les OST concordent avec le mood de l’anime alors ils contribuent à le rendre réel. Je pense par exemple à Bleach qui a des bandes-sons exceptionnelles.

La colorimétrie est un facteur déterminant. Des teintes vives renforcent une ambiance chill ou peuvent servir de contraste pour raconter une histoire sombre. De même, les couleurs ternes de Steins Gate mettent l’accent sur la détresse et la souffrance de Rintaro.

Les décors sont un élément crucial du worldbuilding. En effet, ils peuvent soit accentuer le côté surnaturel d’une œuvre soit souligner son côté ordinaire.

Par exemple, Blue Box et Shoushimin Series utilisent les véritables décors des villes dans lesquelles se passe l’histoire. Un véritable travail de photographie est effectué en amont.


Shuichiro Umeda et Hina Youmiya en prospection avant la sortie de l'anime.Ce décor apparaît lors du festival. ©AbemaTV, Inc.

Le même phénomène est observé au cours de la saison 2 de Jujutsu Kaisen. Les stations de métro où a lieu le drame de Shibuya existent pour de vrai, au détail près.

Toujours concernant Jujutsu Kaisen, Nobara passe devant la statue du chien Hachikô dans un épisode de l'anime. Il s'agit d'un point de rendez-vous incontournable au Japon, rendant ainsi la scène encore plus plausible. 

Au passage, c'est également un foreshadowing de ce qui arrivera à Nobara mais je m'égare.

Le worldbuilding de Kaiju nᵒ 8 est mauvais, car il est incohérent dans sa géographie. En effet, les personnages vivent dans de grosses agglomérations entièrement bétonnées alors que le monde est menacé par des créatures gigantesques. 

La fuite est donc compliquée en cas d’assaut et les dégâts matériels sont énormes.


Cette image est marrante donc je l'ai mise. Fanart de Einfach_Seraco.

Dans le même genre, Shingeki no Kyojin a réussi son worldbuilding, car les districts sont conçus de sorte à retarder l’avancée des Titans et faciliter l’évacuation des civils.

Les séries Uma Musume possèdent également un bon worldbuilding, car le monde prend en compte l’existence des femmes-juments. Ainsi, elles ont une piste cyclable, des panneaux indiquant leur passage ainsi qu'un téléphone adapté à leurs oreilles.

Je pense avoir fait le tour, il est temps de conclure.


Oguri Cap et Berno Light. Merci à ŸÔŁÔ pour les travaux.



La dernière pierre du worldbuilding

Le worldbuilding est beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît. Tout est dans la manière d’établir et de dérouler le lore.

J’espère que cet article vous a plu et vous a été utile. Vous pouvez vous amuser à analyser les worldbuilding de vos œuvres préférées avec les nouvelles informations dont vous disposez.

C’était All Dark, à la semaine prochaine. Prenez soin de vous ! 

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