Ad Astra

Expo Manga 3 : Présentation d’un manga d’exception, Ad Astra

Crédits de la bannière : © Shūeisha

Vous avez aimé Kingdom ? Vous adorerez Ad Astra. 

Plongez au cœur d’un manga retraçant la Seconde Guerre punique. Planches dantesques, rebondissements inattendus, suspense insoutenable…

Cette œuvre contient tout ça, et bien plus encore. 

Zoom sur un chef-d’œuvre.


La première planche du manga. © Shūeisha

Généralités et présentation d’Ad Astra

Ad Astra est un manga écrit par Kagano Mihachi et publié dans l’Ultra Jump, sous le label Young Jump Comics. 

Ses treize tomes sont édités au Japon par la Shueisha (de 2011 à 2018) et en France (entre 2014 et 2018) par Ki-oon (Seinen). 

Il touche pour genres aventure, action et historique et pour thème guerre.

241 avant J.-C. Les plus chauds d'entre vous ont remarqué qu'il s'agit de l'année où débute l'arc de la coalition dans Kingdom.

L’histoire que vous vous apprêtez à suivre se déroule quant à elle bien loin de la Chine Antique. 

L’armée carthaginoise dirigée par Hamilcar Barca est vaincue et est contrainte de déposer les armes. 

Le jeune Hannibal (son fils) a six ans lorsqu’il assiste à l’humiliation de ses pairs par la puissante Rome.

À l’âge de neuf ans, il défie publiquement la cité italienne.


Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années. © Shūeisha

Sa vie est sauvée par les soldats carthaginois présents sur place. 

À ce moment, les témoins de la scène ne se doutent pas qu’ils viennent d’assister à la naissance du pire cauchemar de Rome…

Ad Astra est une œuvre retraçant le combat d’Hannibal Barca au cours de la Seconde Guerre punique. 

Le lecteur suit respectivement le point de vue de l’armée de Carthage et celui de Rome. 

Le jeune Scipion l’Africain fera tout pour faire face à Hannibal, le dernier espoir de tous les peuples opprimés.

Les raisons pour lesquelles Ad Astra est un manga exceptionnel

Ad Astra possède de nombreux atouts, tant sur le plan de la forme que sur celui du fond.


Cette planche m'avait tellement hype à l'époque...© Shūeisha

Des dessins somptueux

Les charadesigns sont vraiment réussis dans le manga. 

De plus, l’auteur accorde un soin tout particulier à la précision dans la réalisation des moindres petits détails. 

Il possède un coup de crayon très précis, rendant facile l’immersion et agréable l’expérience. 

Nul doute que vous entendrez les cris de guerre des soldats romains depuis votre canapé !

Des doubles pages splendides

Mihachi Kagano emploie régulièrement des doubles pages au cours de la narration, notamment dans la seconde moitié de l’œuvre. 

Très bien réalisées, elles améliorent grandement l’expérience de lecture. 

Les fans de Kingdom seront d’accord pour affirmer que rien ne vaut une double page parfaitement dessinée.


J'ai mis une des premières double pages afin de ne pas spoil, mais il y en a de nettement mieux. Notamment dans l'arc de Syracuse. © Shūeisha

Une histoire intéressante

L’histoire d’Hannibal est poignante et très touchante. 

Le spectateur est maintenu en haleine tout au long, car il se demande si le héros de Carthage parviendra à réduire Rome à feu et à sang. 

Il est également curieux de savoir comment Scipion compte rivaliser avec Hannibal. 

Le suspense est à son comble et la tension est maximale. 

Une expérience procurant énormément d'émotions !

De belles tournures de phrase

Je suis un grand fanatique des phrases joliment formulées. 

Au cours de l’œuvre, l’auteur déploie certains trésors de vocabulaire que j’affectionne tout particulièrement. 

À titre illustratif, je citerai Fabius, le bouclier de Rome, qui lui-même cite Alexandre le Grand. 

"Je crains moins une meute de lions menée par un agneau qu’un troupeau d’agneaux mené par un lion". 

Il poursuit en disant : " Aujourd’hui, nous autres agneaux nous préparons à affronter une armée de lions dirigée par leur roi". 

Un grand moment.


Fabius le temporisateur. © Shūeisha

Une histoire réaliste

Plusieurs membres de la communauté Kingdom se plaignent du côté romancé de l’histoire, notamment en ce qui concerne les pouvoirs des Shiyuu.

Il n’y a rien de tel dans Ad Astra. Pas de power-up surpuissants, pas de sauts de quinze mètres de long et pas de personnage à la taille démesurée. 

Vous assisterez à une bataille tout ce qu’il y a de plus réaliste. Cet aspect devrait ravir un grand nombre.

Un sujet parfaitement maîtrisé

À travers son œuvre, Kagano expose à la perfection les points de vue des différents camps. 

Leurs états d’âme, leur ressenti et leurs ambitions sont parfaitement retranscrits. Le degré élevé de connaissances de l’auteur se ressent nettement. 

Le lecteur est donc complètement absorbé par sa lecture, et ne se rend pas compte qu’il occupe les toilettes depuis une heure et demie !


Impossible de se résoudre à quitter ce trône ! © Shūeisha

Des personnages attachants

Ad Astra possède un excellent casting de personnages. Vous êtes fans de Bihei ? Vous serez ravis de découvrir Caius. 

Les lieutenants d’Hannibal sont également divertissants, notamment Maharbal. 

Certains personnages secondaires sont poignants, comme Aemilia, Sophonisbe et Massinissa.

Hannibal Barca

Cet homme est une légende vivante. 

La signification de son prénom est sujette à de nombreuses interprétations, mais je pense que la version la plus appropriée est la suivante : « qui a la faveur de Baal ». 

Baal est un dieu vénéré par les Carthaginois. Véritable génie militaire, Hannibal cumule stratégies de génie et parfaite maîtrise de l’environnement.

Ajoutez à cela un charisme incroyable et vous obtenez le meilleur personnage de tout Ad Astra ! 

Il constitue à lui seul une raison suffisante de vous lancer dans l’aventure, alors n’hésitez plus !


Cet homme n'a rien à envier à Kanki en termes de charisme. © Shūeisha

Quelques points d’ombre

La perfection n’existant pas, Ad Astra n’est pas dépourvue de défauts.

Scipion l’Africain

Il s’agit du meilleur atout de Rome et de l’adversaire ultime d’Hannibal Barca. 

J’ai été très déçu par ses différentes actions au cours de l’histoire. Certains de ses actes sont incohérents. 

Je pense notamment à sa réaction après avoir découvert ce qui est arrivé au génie de Syracuse. 

J’en attendais beaucoup plus de ce personnage, mais je n’en dirai pas plus afin de ne pas spoil.

Le choix de narration

L’histoire de la Chine est assez peu détaillée dans le Shiji, ce qui octroie à Hara une grande liberté artistique dans l’écriture de Kingdom. 

Son manga porte énormément sa patte. Je ne suis pas un expert de la Seconde Guerre punique donc je ne saurais comparer Ad Astra à l’histoire réelle. 

J’ai toutefois l’impression que l’auteur se contente de relater les événements à sa façon, un peu comme s’il réalisait un documentaire.

Le développement des personnages et des relations les liant passe un peu à la trappe. 


D'autres images illustrent mieux mon propos, mais encore une fois, ce serait du spoil. © Shūeisha

Je ne sens pas une appropriation de l’histoire par l'auteur. Certains aspects de l’intrigue sont "rushés", ce qui est assez désagréable.

Comprenons-nous. Je ne lui demande pas de donner un aspect nekketsu à son œuvre, ou de conférer une taille exagérée à ses personnages. 

J’aurais juste bien aimé la présence de quelques scènes slice of life entre deux batailles. 

Un bon repas autour d’un feu de camp, une fête de célébration etc.

Une fin en demi-teinte

La tournure prise par les événements lors de l’avant-dernier chapitre m’a laissé perplexe. 

Je ne m’attendais pas à cette fin, et encore moins à celle du dernier chapitre. 

La conclusion d’Ad Astra n’est pas mauvaise à proprement parler, elle ne m’a juste pas entièrement convaincu.

Des postfaces qui spoilent

L’auteur s’exprime à la fin de chaque tome afin de relater certaines anecdotes. 

Les postfaces des tomes sept et onze, ainsi que la couverture du tome 12 contiennent des spoils. 

Je vous conseille donc de les fuir.

D’une manière générale, évitez de lire les postfaces des derniers tomes.


Une autre double page de qualité. © Shūeisha

Fun Facts sur l’oeuvre

Ad Astra vient de la locution latine « Ad Astra per aspera ». 

Elle signifie littéralement « Vers les étoiles à travers les difficultés » ou encore « Par des sentiers ardus jusqu’aux étoiles ».

Autrement dit, le chemin vers la gloire est semé d’embûches. Par ailleurs, il s’agit de la devise de la NASA. 

« Per aspera ad astra » est quant à elle celle de la Brigade d’infanterie parachutiste espagnole, et de la Force aérienne sud-africaine.

L’auteur avoue avoir longuement hésité entre différents moments historiques lorsqu’il cherchait le sujet de son œuvre. 

Il finit par opter pour la Seconde Guerre punique et est plutôt satisfait. 

En effet, les différentes tenues de l’époque sont plus faciles à dessiner.


Scipion l'Africain. © Shūeisha

Ad Astra : fin des combats

Ad Astra est un manga que l'on pourrait aisément qualifier de masterclass. 

Les sublimes dessins couplés à l'histoire intrigante font de sa lecture une expérience mémorable.

Je l'ai énormément aimé donc je vous le recommande vivement.

C'était All Dark. Prenez soin de vous, à la semaine prochaine !

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